Comment éviter la construction de coûteux homes? Le Réseau Santé Glâne mise sur le développement des soins à domicile et de la télémédecine
Réunis jeudi en assemblée, les délégués du Réseau Santé Glâne ont pris connaissance des réflexions en cours pour répondre aux défis de la planification des soins de longue durée.
Charles Grandjean La Liberté, 23 mai 2026
Elle a de quoi donner des cheveux blancs aux décideurs glânois. La planification cantonale des soins de longue durée projette l’équivalent de deux nouveaux EMS pour le district à l’horizon 2050, a exposé Nadia Marchon, directrice du Réseau Santé Glâne (RSG) devant les délégués des communes réunis jeudi en assemblée.
De 247 lits d’EMS actuellement, le district passera à quelque 428 lits en 2050, alors même que la part des soins à domicile est appelée à progresser dans le même intervalle.
Certes, le départ des résidents du home de Sorens (actuellement hébergés dans l’ancien hôpital de Billens) libérera plusieurs chambres à l’été 2027. Cela permettra au RSG d’atteindre 275 lits, puis 281 unités en 2030 moyennant l’aménagement de six lits supplémentaires sur le site de Billens. «Ainsi, nous serons conformes à la planification», a relevé Nadia Marchon.
Mais au-delà de l’horizon 2030, les choses se corsent. Car en fonction des options prises, «les soucis financiers seront plus ou moins grands pour les communes», estime Patrick Mayor, président du comité du RSG.
C’est pourquoi trois commissions œuvrent sur ces enjeux: l’une porte sur l’administration, les finances, les ressources humaines et l’informatique, la deuxième s’intéresse à la promotion de la santé et la troisième au programme Senior Plus avec le maintien à domicile. «Au niveau de la stratégie, c’est de dire: comment fait-on pour atténuer la courbe annoncée par l’Etat?» résume le président.
Patrick Mayor évoque les réflexions en cours sur ce qui peut être fait au niveau des communes et des soins à domicile afin que les gens restent le plus longtemps chez eux. «On veut élargir les prestations des soins à domicile via la télémédecine», illustre-t-il. Le président cite aussi des pistes autour de collaborations publiques privées pour des appartements protégés, ainsi que sur leur localisation.
« Nous ferons peut-être une économie de gros investissements »
Patrick Mayor·Président du comité du Réseau Santé Glâne
Car en définitive il s’agit d’éviter un afflux vers les EMS. «Ce qu’il faut savoir, c’est qu’après 2050, les besoins diminuent. Donc les super EMS qu’on aura construits – si on avait l’argent – ne nous serviront à plus rien», prévient-il.
Un comité de pilotage (Copil) planche d’ailleurs avec un architecte sur les travaux futurs du site de Billens (EMS et hôpital). «Si on utilise bien ce potentiel, nous ferons peut-être une économie de gros investissements», relève encore le président qui espère éviter de coûteux projets d’EMS.
Par ailleurs, les comptes 2025 du RSG affichent un excédent de 1,65 million de francs. Cette somme sera restituée aux communes. «Pour le budget 2027, nous allons reprendre les comptes des trois dernières années afin d’éviter une restitution aussi importante aux communes», a mentionné la directrice.
Les délégués ont en outre accepté un investissement de 190 000 francs pour la mise aux normes de la distribution des repas sur le site de Billens (meuble, réfrigérateur, lave-vaisselle, chariots). De même, ils ont validé un droit de superficie distinct et permanent (DDP) pour le nouvel EMS de Siviriez.
Photo: Les réflexions portent notamment sur l’avenir du site de Billens. Charly Rappo - archive